• qui suis je ?

     

    un brin de poésie

     

    Je suis cheval bondissant dans l'éternité d'une nuit enciellée

    je suis chevauchante, je repousse les montagnes aux confins de l'univers

    je peins le ciel la lune et le soleil

    toutes voiles dehors, je glisse dans les mers profondes

    je suis douceur, amour, offrande au monde

    je suis torrent fougueux, caresse du rocher

     

    chemin faisant.....

    Je commence mes études de psychologie clinique en 1980 et suis diplômée en 1985.

    j' entreprends une analyse avec un psychanalyste freudien et lacanien . Chaque semaine , je m'allonge sur son divan , lieu où je découvre ma parole , où je lui laisse de la place , où
    je suis entendue pour qui je suis , confrontant le mur blanc parfois , le silence d'une voix qui ne peut s'extraire du chaos , de la peur , et de la confusion. L 'assiduité et la ténacité dont j ai fais l'expérience ont creusé en moi un sillon dans lequel ma vérité subjective peut se lover . Je remercie mon analyste , sa patience , son écoute bienveillante , ses mots justes qui ont favorisés à chaque fois la surprise , l étonnement et la sensation profonde que mon inconscient avait entendu à mon insu .

  • Le blog

    Poésie, rêveries, créations

    Entre ciel et terre le Wutao® a été crée par Pol charroy et Imanou Risselard *. le Wutao est un...
  • séances individuelles

    Psychothérapie analytique ou psychanalyse

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  • Ateliers

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  • cours de wutao

    Je suis tombée en amour du Wutao® en 2015. La rencontre avec le Wutao fut comme un coup de foudre. En pratiquant, je me déploie dans la fluidité, l’harmonie, la quiétude , la tempête endiguée et portée par le rythme du souffle. Le Wutao est pour moi un temps d'accueil en soi du Soi, d’une présence au monde, d’une respiration ancestrale, d’une poétique intérieure. Je suis certifiée Instructrice.

    http://www.wutao.fr

    wutao school Paris et Aix en provence

    Lodeve : lundi 10h 15 - 11 h 15 et vendredi 18h - 19 h

    l'Atelier des corps : 9, Place de la halle Dardé.

    Montpellier: mardi 18h 30 - 19 h 30

    2, Allée Marguerite Givernis , res le st james .

    Tarifs:
    forfait annuel d’1 cours hebdomadaire : 300 €
    carte de 10 cours : 110 €
    cours à l’unité : 15 €

    Début des cours le mardi 11 septembre 2018

  • supervision

    Supervision de psychothérapeute

     

    Il s'agit de permettre au supervisé de distinguer sa propre subjectivité de celle de son patient.

     

    J 'ai été amené avant ma formation de somatothérapeute, à travailler avec un superviseur, dans le cadre de ma fonction de psychologue au sein d 'une association qui avait pour mission d 'accompagner les personnes « bénéficiaires du RMI » sur un plan social, psychologique et de recherche d 'emploi.

    Après ma formation, j 'ai suivi quelques années de supervision en groupe, animé par un superviseur somatothérapeute, après quoi j 'ai poursuivi ce travail avec une psychologue – psychanalyste.

    Parallèlement, je travaillais dans différentes structures petite enfance , en qualité de psychologue , pour accompagner les équipes en analyse des pratiques professionnelles.

    Au terme de mes 5 ans de formation de somatothérapeute, j 'ai enseigné à mon tour au sein de l 'école du Corps Conscience et animé plusieurs modules en psychopathologie. Tout psychothérapeute débutant questionne sa pratique : l 'instance de supervision sert à l'élaboration de celle ci.

     

     

    Supervision des assistantes maternelles

     

    Ce groupe de parole vise à renforcer les compétences des assistantes maternelles dans l’accompagnement au quotidien des enfants et de leurs parents ;

     

    Objectifs

    _développer une posture d’écoute adaptée à la situation

    _posséder des repères conceptuels

    _prendre de la distance par rapport à une situation qui pose problème

    _redynamiser l’accompagnement en élargissant son point de vue

    Contenu

    Les contenus seront variables selon les situations rapportées. Néanmoins, nous pourrons apporter quand cela sera nécessaire et toujours en lien avec la pratique quelques apports théoriques .

    Méthode

    _ études de cas

    _mises en situation, jeux de rôle

     

    Supervision des équipes éducatives en crèche

     

    Supervision d'un groupe d'Orthophonistes

     

     

     

  • massage bébés

     

    Bienfaits du massage bébé :

    • L’interaction (le lien d’attachement, la communication, l’attention complète, le respect, l’amour, le toucher nourrissant, l’empathie)

    • La stimulation (tous les systèmes vitaux : le système circulatoire, le système digestif ; le système immunitaire, le système nerveux ; le développement du langage, l’intégration sensorielle, le développement de la conscience corporelle)

    • La relaxation (l’amélioration du cycle de sommeil, la réduction du niveau de stress)

    • Le soulagement (les coliques, la constipation, la congestion, les douleurs liés à la pousse des dents, les tensions)

  • ressources textes

     

    Corps réel, corps symbolique, corps imaginaire.

    Corinne Nesen

     

    Introduction

    Que ce soit en analyse, en psychothérapie verbale d’inspiration psychanalytique ou en psychothérapie à médiation corporelle, par le seul fait d’être vu par un autre, le corps est en jeu. Le regard qui est mis en jeu dans l’analyse ou les psychothérapies n’est pas du même ordre. En analyse par exemple, le seul fait de passer à un travail sur le divan annule les effets imaginaires induits par la présence du regard de l’analyste.

    - « J’ai mal au ventre, à l’estomac »
    - « Je respire difficilement, j’ai l’impression d’étouffer »
    - « Je sens mon corps comme une cuirasse, »
    - « Je déteste ce corps »
    - « Mon corps n’est que douleur »
    - « Je sais que c’est mauvais pour mon corps de manger certains aliments mais je ne peux pas y renoncer »

    Ces paroles concernent le corps, un sujet qui parle de son corps et de ce qui, de ce corps, le fait souffrir ou jouir car telle est l’une des fonctions du symptôme. Ce qui n’est pas repris dans la parole resurgit dans le corps qui parle de ce qui ne peut pas se dire.C’est le symptôme et le retour du refoulé de la tradition Freudienne. Le retour du refoulé se manifeste sous la forme de symptômes, rêves, oublis, actes manqués.

    Le sujet parle consciemment ou à son insu de son corps pour dire qu’il l’aime ou ne l’aime pas, qu’il aimerait ne pas en avoir, qu’il est gênant, trop désirant ou pas assez, voire pas existant.

    Une femme de 45 ans me dit lors d’une séance qu’elle a fait la connaissance d’un homme âgé de 32 ans. Elle était contente de cette rencontre. A son propos elle dit qu’il est charmant.

    Deux semaines après cette rencontre, elle reçoit une carte de vœux de sa part qu’il termine ainsi : « j’espère que nos chemins se croiseront à nouveau »

    Je lui demande à qui s’adresse ces mots ?

    Elle s’interroge, marque un silence, fait mine de ne pas comprendre puis timidement, rougissant presque, répond : « à la femme ? ».

    « Je ne peux pas y croire, cela fait tellement longtemps que j’ai occulté le fait de pouvoir être regardé par un homme que je ne peux pas croire que je l’ai intéressé ».

    Cette patiente, ne se sentant pas bien dans son corps, se trouvant trop grosse, se trouve confronté au regard d’un homme qui tente de la séduire et qui tout d’un coup lui révèle qu’elle aussi, elle a du désir. Elle dira « il a réveillé mon corps de femme, j’ai envie de mieux m’habiller, je crois que j’ai maigri, lorsque je me regarde dans le miroir, je me trouve moins moche ».

    Tout le travail de Freud et de Breuer dans les « Etudes sur l’hystérie », publiées en 1895, est justement de montrer que le symptôme de conversion hystérique désigne le corps comme destin de la décharge de l’affect. Le lieu d’élection du symptôme est essentiellement attaché au corps.

    Même si le psychothérapeute ne donne pas la parole au corps, le corps, lui, prend la parole.

    Nous faisons l’hypothèse que le corps a un langage qui lui est propre, dont il faudra opérer un décryptage, un peu comme les hiéroglyphes dont on sait qu’ils constituent une écriture à déchiffrer.

    Le symptôme s’inscrit dans un discours sans parole.

    Lacan nous dit : « La parole en effet est un don du langage, et le langage n’est pas immatériel. Il est corps subtil mais il est corps. Les mots sont pris dans toutes les images corporelles qui captivent le sujet. »1

    Cette citation nous montre que la parole naît de ce don du langage mis en jeu à partir de la relation à l’Autre. Le langage n’est pas quelque chose d’immatériel, il est immanent au corps, il est à la fois ce corps subtil et ce corps. Puis Lacan fait intervenir la dimension des mots et de l’imaginaire dans la référence au miroir, comme élément de captation du sujet, de fascination du sujet. Comme temps majeur de l’assomption subjective de l’infans.

    Il faut donc lire ou déchiffrer le corps comme un livre, une écriture et en même temps lire et écouter le langage dans son enracinement corporel. Comme le dit P. Fedida, au lieu de construire une explication du corps, il faut « laisser parler le poème du corps ».2

    Toute interrogation du corps s’opère toujours à l’intérieur du discours.

    Le petit d’homme entre en résonance avec les sons, les voix, les émotions, la vie tout simplement. N’est ce pas la lalangue dont parle Lacan, ce bain de langage qu’il soit verbal ou non verbal, dans lequel est introduit l’infans pour devenir l’enfant , un être parlant ?

    La parole du sujet reste centrale, nécessaire, vitale au sens d’incontournable. Nous ne pouvons en faire l’impasse. C’est par la parole que l’infans advient comme sujet désirant. C’est par la parole que le sujet met en liaison les différents signifiants de son désir. Toute interrogation du corps manifeste le langage de notre inconscient.

    Nous avons un corps, quoi de plus évident ! L’homme n’est pas qu’un corps puisqu’il parle. L’homme a un corps. La pensée de Lacan est marquée par un refus d’indentification de l’être et du corps. Seul, le corps ne fait pas l’être, seul l’être sans corps ne peut exister. Nous aimerions qu’il nous obéisse au doigt et à l’œil, qu’il nous apporte une satisfaction immédiate, qu’il soit en permanence régi par le seul principe de plaisir.

    Ecoutons ce qu’en dit une patiente :

    « J’ai du dégoût pour mon corps, le corps de l’autre. C’est injuste de ressentir cela. Je voudrais tellement être comme tout le monde »

    Lorsqu’il se met à parler, c’est dans la souffrance du symptôme et notre souhait c’est qu’il se taise. Car ce qu’il a à nous dire, nous ne pouvons pas l’entendre. Pour cette patiente, dès qu’un désir émerge par exemple écrire, peindre, se maquiller, marcher nu pieds sur le sable, il prend la couleur de l’impossible à réaliser .


     

    Le corps a été abordé par Lacan dans les trois registres fondamentaux de son enseignement : le réel, le symbolique et l’imaginaire.

    Le sujet est le résultat d’un nouage particulier entre le réel du symptôme, le symbolique du langage et l’imaginaire du corps.


     

    Nous allons aborder successivement ces trois axes :


     

    Le premier axe concerne donc le corps réel .

    Avec le corps réel, nous abordons la question du symptôme. Précisons d’abord le terme de réel. Le réel n’est ni imaginable ni symbolisable. Le concept de réel connote l’impossible. Comment pouvons nous penser le réel du corps ? Le réel est ce qui, du corps, ne peut être appréhendé, ni du côté de l’imaginaire, ni du côté du symbolique. Le réel est de l’ordre du surgissement, de l’effraction, de la rupture. Le réel est hors sens. Il ne peut pas être saisi par la pensée. Il peut être repéré dans la clinique comme « la mauvaise rencontre » faite par le sujet.

    À la naissance, l’infans est immergé dans le réel. Il doit, à partir de là, construire sa réalité de sujet. (prématurité organique, patrimoine génétique et le morcellement originaire effacé peu à peu par l’image unifiante du corps). Le corps réel est doté de caractéristiques quasiment immuables : par exemple la couleur des yeux ou celle de la peau ou encore tel handicap de naissance ou acquis

    Le réel du corps, je ne peux rien en dire, puisque par définition, le réel, c’est de l’ordre de l’impossible à dire. Lorsque le corps réel est atteint, nous pouvons parler d’effraction dans l’image du corps qui fait apparaître un trou, une béance non symbolisable dans un premier temps, que l’imaginaire cherche à combler coûte que coûte afin d’éviter de vivre avec. Le corps réel peut etre une tension musculaire, une crispation, un corps étriqué, élastique, tendu, verrouillé, une respiration forcée, courte, un inspir prolongé, un expir chassé.Le sujet ne peut dire le tout du corps car le réel du corps lui échappe.

    Le réel du corps a trois significations spécifiques : « Il connote l’impossible, le résistant et l’objet du rejet » . ( Dictionnaire de la psychanalyse. Roland Chemama , Bernard Vandermersch. Larousse).

    Du coté de l’impossible, le réel du corps est constitué par tout ce qui du corps échappe aux tentatives d’imaginarisation et de symbolisation.

    Un autre réel trouve une place importante dans l’enseignement de Lacan. Il est ce à quoi le sujet se heurte, ce qui revient toujours à la même place, ce qui vient faire obstacle à nos vœux et à nos désirs, notamment aux vœux infantiles de toute puissance de la pensée. Nous pouvons rassembler sous l’appellation du corps réel ,la différence anatomique des sexes et la mort en tant qu’inévitable destruction du soma.

    La dernière signification concerne les caractéristiques du corps qui font l’objet d’un rejet pour le sujet.

    La butée du réel est souffrance. Souffrance qui fait irruption et promeut le sujet à une perte de l’image de soi. Seule l’écoute du psychothérapeute ou de l’analyse peut transformer ce cri en parole. C’est comme si la parole prenait le relais de l’image prise dans le réel, c'est-à-dire non symbolisable.


     

    Le deuxième axe concerne le corps symbolique .

    Pour que l’enfant sorte de sa phase de narcissisme primaire, il faut qu’il rencontre le symbolique du langage. Pour parler du corps symbolique, Lacan parle de corps des signifiants.

    Rappelons ce qu’est le symbolique :

    Pour Lacan le symbolique c’est l’ensemble du système signifiant soit le langage. Seul le langage permet d’instituer l’ordre du monde. L’ordre du monde c’est le fait qu’une chose ne peut être à la foi elle-même et son contraire exemple : si c’est un chat, ce ne sera jamais un chien. Une des caractéristiques du langage est d’évoquer la présence d’une chose sur fond d’absence. Rappelons ce jeu d’enfant relaté par Freud3 où il nous montre comment un enfant parvient à substituer au vécu de l’absence de sa mère un symbole. Il s’agit du petit fils de Freud, âgé de 18 mois qui, en l’absence de sa mère, joue avec une bobine entourée d’une ficelle. Il accompagne la disparition et la réapparition de la bobine par deux phonèmes : « OOH ! » et « DA ! » qui signifient : parti et revenu. Là se situe l’accès à la fonction symbolique du langage. Ce jeu d’enfant nous permet de comprendre comment le langage permet une prise de distance par rapport au vécu. Dès lors, l’utilisation du symbole et la naissance au langage introduisent une séparation entre le vécu et le signe qui vient le remplacer. Le langage est donc la condition de la prise de conscience de soi comme entité distincte. Le langage véhicule une appartenance sociale, une culture, des interdits et des lois. L’enfant qui fait son entrée dans cet ordre symbolique, est façonné par cet ordre dont il portera des traces. Sans l’accès à cet ordre, l’enfant n’acquiert pas son individualité.

    A partir du symbolique le sujet fait la distinction entre l’intérieur et l’extérieur, soi et l’autre. En tant que médiateur, le symbolique situe le sujet à un place singulière car il est nommé par son prénom et son nom de famille, fils ou fille de. Les paroles qui constituent le corps symbolique peuvent avoir été dites ou pensées bien avant la conception de l’enfant. Elles concernent d’abord son identité (nom, prénom, place dans la généalogie, sexe, origine culturelle et sociale), ensuite s’ajoutent les paroles qui véhiculent les désirs conscients et inconscients. Des mots, des syllabes, des phonèmes, de simples lettres peuvent affecter le corps du sujet. Remarquons aussi que le corps symbolique apparaît indépendamment de sa présence organique que ce soit avant sa conception ou après sa mort. Les rites mortuaires et tout ceux qui concernent la mémoire des morts sont les témoins de cette existence du corps symbolique.

    Avec la mise en évidence du symbolique, le sujet sort de l’impasse imaginaire dans laquelle, s’il y restait, il se perdrait, comme le mythe de narcisse où le sujet finit par se confondre avec son image et finalement trouve la mort.

    La vérité sur le sujet que le langage échoue à lui fournir, il la cherchera dans les images d’autrui, auxquelles il va s’identifier « je voudrais être tel » nous disent les enfants.


     

    Le troisième axe concerne donc le corps imaginaire .

    «Je parle avec mon corps et cela sans le savoir » Lacan, Séminaire Encore.

    En effet, l’enfant pousse son 1er cri ou plus justement, émet une sorte de bruit avec ce dont il ne sait pas encore que c’est son corps.

    C’est l’Autre qui fait du bruit un cri, qui le traduit en langage en lui donnant un sens. La réponse de l’Autre révèle à l’enfant qu’il est sujet de la parole.

    Il sait donc qu’il parle mais il ne sait pas encore «que c’est avec son corps » car il ne sait pas encore qu’il en a un.

    C’est le stade du miroir qui le lui révèlera.4

    Rappelons brièvement cette étape majeure dans la construction de l’image du corps.

    Porté par un adulte, l’enfant se retrouve face à son image, il lui sourit, comme il sourit à tout visage amical et il voit dans le miroir sa mère répondre à ce sourire.

    Etonné, car il sait bien qu’elle n’est pas devant lui mais derrière, il va se retourner pour s’assurer de sa présence. Et la mère va dire « mais oui, c’est Paul », utilisant le prénom dont l’enfant a appris qu’il le désigne.

    C’est donc parce que sa mère l’inscrit dans un signifiant que l’enfant va s’identifier à ce corps dont il n’a qu’une image.

    Le regard de l’autre constituant une sorte de miroir réfléchissant une intention, des émotions, des sentiments auxquels l’imaginaire va répondre, essayant de capter le mystère du désir.

    Rien de l’image du corps de l’enfant ne pourrait être perçu si un Autre ne pouvait le nommer. L‘imaginaire n’a pas d’autre départ que la référence au corps. C’est ce qui fera dire à Lacan que l’image spéculaire résulte de la conjonction du corps réel en tant qu’organique, de l’image de l’Autre, ainsi que des paroles de reconnaissance de ce même Autre.Erreur : source de la référence non trouvée

    La répétition de l’expérience du miroir assure l’enfant, par le témoignage scopique, que quoiqu’il arrive, il n’est jamais morcelable.

    L’enfant à partir de là ne peut plus , dans la réalité, se confondre avec un autre que ce soit son père , sa mère , ou un aîné .

    Ce qui va différencier l’enfant de l’animal, c’est le traitement que chacun fait de son reflet spéculaire. L’animal est intrigué par ce reflet et va essayer d’en faire le tour sans jamais parvenir à se reconnaître. L’enfant vit un moment d’assomption jubilatoire quand il se situe dans une coïncidence avec ce reflet. Avant cette acmé de jouissance que représente le stade du miroir, nous pouvons dire que l’infans passe par toute une série d’alternance de présence et d’absence qui ont chaque fois mis en jeu un bout de réel de son corps et un bout du réel du corps de l’autre.

    C’est à partir de cette mosaïque signifiante et d’affects que se constitue l’image du corps. Les soins physiques qui sont procurés à l’enfant sont accompagnés d’une mélodie sonore, tactile, olfactive, gustative. Au début de sa vie, l’infans n’est pas plongé dans un réseau de signification mais dans un réseau de signifiance. Là est l’origine des signifiants, « l’alphabet du plaisir, du déplaisir »5.

    Dolto explique, dans « image inconsciente du corps » :

    « Le schéma corporel se structure par l’apprentissage et l’expérience alors que l’image du corps se structure par la communication entre sujets et la trace, du jouir frustré, réprimé ou interdit ; C’est en quoi elle est à référer exclusivement à l’imaginaire ».6 Cette trace est inscrite dans le corps.

    Que nous apprend Dolto ?

    Le geste est pris dans la parole. Chaque fois qu’il y a un geste, un son, il est articulé à une motion pulsionnelle qu’il vient représenter toujours, articulé dans un rapport à l’autre. La trace dont parle Dolto est, me semble-t-il, en rapport avec l’affect, ce résidu qui ne franchit pas la barrière de l’inconscient et qui nous prend le corps. Le sujet va essayer de traiter cet affect, de lui coller un système de représentation, c’est là qu’est le risque de l’imaginaire, c'est-à-dire le risque d’une certaine aliénation. En même temps le sujet ne peut pas faire l’impasse de l’imaginaire, cette capture de l’imaginaire conduit à une situation mortifère du type « ou l’un ou l’autre ». Nous allons illustrer ces propos par un cas clinique.

    Il s’agit de Mademoiselle M, à propos de sa relation à l’homme, elle dit : « avant même que l’homme s’approche, j’édifie des barrières. Et si je sens qu’un homme veut me séduire, c’est pire encore. Je peux être très désagréable, très distante, voire agressive. En fait je crois que j’ai peur de l’homme, j’ai peur qu’il me prenne quelque chose. »

    Ensuite, elle évoque une crise d’angoisse : « je n’arrivais pas à dormir, j’avais l’impression que j’allais étouffer, j’ai appelé un ami, je suis allée le voir, je n’ai pas pu parler mais cela m’a fait du bien. Le lendemain je suis allée voir un médecin. »

    Il se trouve que ce médecin connaissait bien son frère. Elle se confie à lui, pleure, finit par lui dire « je ne suis pas une femme ». Le médecin lui conseille d’aller parler à son frère et lui dit qu’il la prendrait volontiers dans ses bras pour la consoler. Elle prend peur et se sauve. Durant la séance, elle dira qu’elle a envie de le revoir : « vous croyez que je peux faire un travail avec lui, en parallèle avec le votre ? » Je lui demande ce qu’elle cherche, elle me répond : « pouvoir me confier à un homme sans me sentir en danger » elle ajoutera : « voir si je peux séduire ». Le « je peux » m’évoque le regard du père sur sa fille qui lui dit effectivement « tu peux » à la fois pour dire tu en as les capacités, le pouvoir et pour lui en donner l’autorisation. A la fin de la séance elle dit qu’elle n’a plus envie de le voir et elle peut reconnaître qu’elle a eu un émoi pour cet homme sans avoir besoin d’aller au-delà. Elle dit aussi qu’elle a besoin de soigner son image, son apparence. Elle doit assumer le fait d’être une femme pour ce, elle doit en passer par l’image. La clinique démontre là qu’il ne suffit pas d’avoir un corps de sexe féminin pour s’identifier femme. Les identifications imaginaires, les paroles, et le désir du grand A peuvent pousser le sujet à contresens de son sexe anatomique.


     

    Conclusion.

    Pour que le sujet se socialise, il faut concevoir un terme qui ne le laisse pas dans une relation en miroir à un semblable. Cet élément médiateur, cette dimension tierce qui sort le sujet de l’impasse imaginaire c’est le langage et la parole. Cependant, l’imaginaire et le symbolique seuls ne rendent pas compte du discours d’un sujet car à chaque fois qu’il parle, le sujet fait l’épreuve de son manque à être, un petit quelque chose lui échappe, qui appartient au réel.

    Voilà ainsi, noués ensemble, le réel, le symbolique et l’imaginaire. Le corps n’est (naît) à la parole pas plus que la parole n’est (naît) au corps.

     


     


     

    1 Lacan, 1953, p 301

    2 P. Fedida, « l’anatomie de la psychanalyse », p. 119 in « Lieux du corps », Nouvelle revue de psychanalyse n°3, Gallimard.

    3 Sigmund Freud, « Au-delà du principe de plaisir » 1920.

    4 Lacan, le stade du miroir, congrès de Marienbad, 1936.

    5 S. Leclaire, Psychanalyser, Essai sur l’ordre de l’inconscient et la pratique de la lettre, Seuil, 1968.

    6 F.Dolto, L’image inconsciente du corps, Seuil, Paris, 1984.

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